Le volontaire est un collaborateur ou une collaboratrice prêt à partir aux quatre coins du monde pour mettre son expérience et ses compétences au service des autres.
Un volontaire Veoliaforce est un collaborateur du groupe Veolia qui, sur son temps de travail, part en mission pour le compte de la fondation Veolia. Préalablement formé à l'urgence humanitaire et au maniement des équipements d'intervention conçus par la Fondation, il peut être sur le terrain pendant plusieurs semaines ou apporter son expertise à distance. Il part à la demande des organisations humanitaires internationales après une catastrophe ou pour améliorer durablement les conditions de vie des plus démunis. Il apporte une expertise de l'un des métiers du Groupe dont il est issu : Eau, Energie, Déchets ;
La Fondation coordonne et prend en charge la logistique et les frais de déplacement ; le volontaire Veoliaforce continue à être rémunéré comme s'il officiait dans son emploi habituel.
Et les ERU ? Les volontaires Veoliaforce peuvent être mis à disposition de la Croix-Rouge française, partenaire historique de la fondation Veolia, pour intégrer les Equipes de Réponse aux Urgences (ERU). Illustration après le séisme de septembre 2023 au Maroc.
Devenir volontaire Veoliaforce ?
Les salariés du groupe Veolia peuvent demander à figurer parmi les volontaires Veoliaforce de la fondation Veolia en suivant ce lien (accès réservé aux salariés du Groupe) :
Pour quelles missions ?
Depuis sa création en 2004, la fondation Veolia a mené près de 250 missions d'expertise, tant sur des projets de développement que lors de contextes d'urgence humanitaire. Illustrations au Pakistan, à Haïti, au Liban, au Bangladesh, au Myanmar...
Retrouvez les témoignages des volontaires Veoliaforce

Julien de Sousa : “Amener de l’eau en situation d’urgence, c’est vital.”

Vous avez été sollicité par la Fondation Veolia pour partir comme volontaire au Mozambique. Un départ sur le théâtre d’une catastrophe humanitaire se déroule en quelques jours seulement. Comment vous êtes-vous organisé, professionnellement et personnellement ?
Julien de Sousa : Le jour même de l’appel de la Fondation, j’en ai parlé à ma compagne, sachant que nous sommes parents d’une petite fille âgée d’un an tout juste. Elle m’a dit “Vas-y, fonce !”. Le lendemain, j’avais le feu vert de ma hiérarchie chez Veolia et je courais après les vaccins et les formalités pour être sur le terrain le 29 mars.
Sur place, pendant trois semaines, vous avez déployé des unités mobiles de production d’eau potable, les Aquaforces, avec Médecins Sans Frontières, partenaire de la Fondation...
JS : Médecins Sans Frontières avait déjà fait des repérages pour nous guider dans les besoins en eau et, surtout, commençait à monter des centres de traitement du choléra. La maladie est endémique dans la région et une épidémie était à prévoir avec la stagnation des eaux. Nous disposions d’une Aquaforce 15000, une unité de production d’eau potable conçue par la Fondation Veolia et capable d’alimenter 15 000 personnes avec 20 litres/jour (la norme OMS). Mais, la population étant particulièrement dispersée, c’était surdimensionné pour le centre de soins où nous étions. Il a fallu faire preuve de pragmatisme et séparer deux lignes de production de l’Aquaforce pour adapter nos ressources aux besoins, situés à Beira mais également plus à l’Ouest de la ville.
Comment une telle mission est-elle perçue par les collègues et à l’extérieur ?
JS : J’ai la chance d’avoir une équipe très compétente autour de moi, qui sait très bien gérer les aléas en mon absence. Mais il fallait aussi, à mon sens, prévenir les élus, nos interlocuteurs locaux, pour leur expliquer ce qu’un collaborateur Veolia allait faire sur le terrain d’une intervention humanitaire. Notre capacité à gérer ce type de situation est mal connue. C’est pourtant essentiel : amener de l’eau à des gens dans le besoin, en situation d’urgence, ce n’est pas anodin, c’est même vital.
Cédric Thévenot : “L’atmosphère est très particulière pendant les premiers jours qui suivent la catastrophe.”
Il est à la fois volontaire Veoliaforce de la Fondation Veolia, membre des ERU (Emergency Response Unit) de la Croix-Rouge, et responsable d’unité locale Veolia Eau dans le Doubs… Cédric Thévenot raconte les premiers jours passés au Mozambique après le passage du cyclone Idai.
Vous êtes parti très vite après la catastrophe. Avec les personnels des différentes Croix-Rouge mobilisées, vous avez fait partie des premiers humanitaires à arriver sur place...
Cédric Thévenot : Oui, en tant que membre des ERU (Emergency Response Unit) de la Croix-Rouge, je suis régulièrement sollicité pour partir en première ligne. Et à vrai dire, j’aime ça ! Il y a bien sûr une forme d’adrénaline pour être au plus vite utile pour les populations touchées, et en même temps il faut gérer des phases d’inertie, le temps que tout le monde s’organise et se coordonne alors même que les gens sont dans le besoin. Ce sont quelques heures, des demi-journées, mais face à la population désemparée et choquée par ce qui vient de se passer, c’est toujours difficile.
Concrètement, un avion-cargo est arrivé 24h après nous, on a déchargé le matériel et identifié un entrepôt de stockage. Parallèlement, les ONG tentaient de qualifier les besoins, de hiérarchiser les priorités, ce qui n’a rien d’évident quand bon nombre de zones sont encore inaccessibles. Bref, c’est une atmosphère très particulière.
L’ampleur de la catastrophe était-elle perceptible dès les premiers jours ?
CT : Non, parce que le territoire touché est très vaste et que la plupart des routes sont restées impraticables les premiers jours. On ne disposait que d’un ou deux hélicoptères. Les questions logistiques ont pris le dessus : comment se déplacer, transporter le matériel… Il fallait trouver des véhicules, des chauffeurs… Et puis vous avez parfois de bonnes surprises comme lorsque nous sommes tombés sur 5 000 m3 d’eau potable stockés par l’opérateur local depuis que le réseau de distribution était hors-service. Cela a permis d’organiser du water-trucking pour délivrer cette eau à la population.
Savoir où produire de l’eau, dans ce contexte, n’est pas évident...
CT : Comme il fallait gérer le flux des blessés qui allaient arriver et la flambée épidémique de choléra que craignaient toutes les ONG, la priorité est allée aux centres médicaux. Nous avons installé des unitées de traitement d’eau et du stockage d’eau potable ainsi que des latrines auprès des hôpitaux et dans des camps provisoires dédiés à la population touchée par le cyclone.
Partir en mission quasiment du jour au lendemain demande de l’organisation personnelle et professionnelle. Comment avez-vous géré ?
CT : A la station du Doubs où je travaille, j’ai la chance d’avoir un collègue, Mickaël Pannard, également volontaire Veoliaforce, avec qui nous sommes très solidaires. Quand l’un part, l’autre s’assure que tout se passe bien dans l’équipe. Et chez moi, depuis 10 ans que je suis ERU et près de 15 ans volontaire Veoliaforce, ma famille sait que je suis susceptible de partir du jour au lendemain ! Et l’avantage, c’est qu’avec deux enfants, la vraie vie recommence très vite à votre retour...

David Poinard : "Je n'avais jamais vu un tel phénomène de liquéfaction des sols s’étendant sur plusieurs kilomètres"

Le 28 septembre 2018, un terrible tremblement de terre suivi d’un tsunami a dévasté l’île de Sulawesi, en Indonésie. Engagée dans les opérations humanitaires d’urgence organisées par le ministère des Affaires étrangères, la Fondation Veolia envoie deux experts Veoliaforce sur le terrain. Parmi eux, David Poinard, manager de service Ingénierie technique Eau du Grand Lyon. Il nous raconte 15 jours de mission à Palu, en Indonésie.
Avant tout départ, la fondation Veolia réalise un véritable travail d’accompagnement des volontaires pour leur permettre d’intervenir dans les meilleures conditions. Un appui essentiel selon David Poinard : “avant mon départ, la Fondation a cherché à cibler au mieux les besoins de la population, les endroits les plus accessibles avec de bonnes conditions hydrologiques pour leur venir en aide. Elle a d’abord trouvé un site d’installation dans une zone sûre puis effectué une première prise de contact avec les autorités locales, notamment avec la Croix-Rouge indonésienne pour élaborer une stratégie de mission”, explique-t-il.
Sur l’île de Sulawesi, la ville de Palu (350000 habitants) et sa région, ont particulièrement été touchées avec plus de 2100 victimes, 4600 blessés graves, 680 portés disparus et près de 212000 déplacés.
Une fois sur place, David Poinard confie avoir été abasourdi par les ravages du tsunami . S’il avait déjà effectué des missions en zones de sinistre auparavant, il n’avait “jamais vu un tel phénomène de liquéfaction des sols s’étendant sur plusieurs kilomètres”. Des maisons broyées, des villages entièrement balayés se trouvaient à côté de certains quartiers, qui à l’opposé, n’avaient pas été impactés par le tremblement de terre. “Ce qui m’a le plus surpris, c’est l’optimisme des gens sur place qui n’hésitaient pas à aller à notre rencontre et qui continuaient à sourire malgré tout”, admet-il.
15 jours de missions intenses
Les 15 jours qui suivent sont “particulièrement intenses” : si David Poinard et son collègue José De Graeve, responsable logistique de la Fondation, interviennent sous une chaleur étouffante et des horaires à rallonge, ils réussissent à offrir un soutien concret. Au cours de cette mission, David Poinard a monté des stations de production d’eau potable “sur les critères définis et retenus par l’OMS”. Deux unités mobiles de traitement de l’eau (Aquaforce 2000) ont été installées sur la rivière principale de Palu, produisant près de 40 m3 d’eau par jour, distribués à plusieurs milliers de personnes. Les volontaires se sont aussi occupés de l’approvisionnement des camions citernes, circulant auprès des populations sinistrées.

Les deux experts envoyés par la Fondation se sont par ailleurs chargés de former les équipes locales de la Croix Rouge indonésienne pour que celles-ci soient complètement autonomes et puissent assurer après leur départ la production et la distribution d’eau auprès des populations tout en continuant leur travail de sensibilisations à l’hygiène dans des camps de réfugiés. Si la partie technique de l’approvisionnement de l’eau a été efficacement assurée grâce à la pertinence du matériel développé par la Fondation ,”c’est l’organisation et la coordination des différentes équipes qui a été le plus difficile”, explique t-il.
La fondation Veolia, au coeur de la mission “ressourcer le monde”
David Poinard, collaborateur de Veolia depuis 2001 n’était pas en terrain inconnu. Volontaire à la fondation Veolia depuis 2005, il était précédemment intervenu à Saint-Martin en 2017, lors du passage de la tempête Irma. Plus tôt en 2015, il était également venu en aide à un camp de déplacés de Bardarash, à proximité de zones de conflits au Kurdistan irakien, pour évaluer l’accès à l’eau potable.
La fondation Veolia intervient sur des missions d’urgence, jalonnées par des crises internationales, grâce à un réseau de collaborateurs Veolia formés aux conditions de terrain et s’étant préalablement portés volontaires. Sa première vocation est d’apporter son aide suite à une catastrophe naturelle ou d’améliorer les conditions de vie des plus démunis. “La fondation Veolia, c’est la quintessence de notre leitmotiv, qui est de ‘ressourcer le monde’ ” explique David Poinard. Derrière les actions menées, “ce sont des hommes et des femmes de terrain, dans les zones d'urgence humanitaire, mais ce sont également toutes les équipes qui coordonnent les missions dans l’ombre”, conclut-il.

Marie Girandier : "C’était du 7h-22h avec une courte pause pour avaler un chapati local !"

Marie Girandier, 40 ans, est chef de projet OTV pour le traitement des eaux industrielles. Biologiste de formation, elle a suivi le stage de formation de la Fondation en 2017. La mission en Ouganda était son premier déplacement en tant que volontaire Veoliaforce.
Comment s’est déroulée l’installation de l’Aquaforce 15 000 ?
Sur la technologie, c’était assez proche de ce que j’avais vu lors de la formation organisée par la Fondation. Le plus nouveau pour moi tenait finalement aux aspects périphériques : la canalisation à installer pour que l’eau traitée soit disponible en un point accessible par les camions, la mise en place de la crépine dans les eaux du lac Albert contaminé par le choléra, l'organisation des connections/ disconnections à répéter régulièrement pour les lavages de filtres, etc.
Quel a été l’aspect le plus difficile de la mission ?
Le rythme de travail était particulièrement intense. C’était du 7h-22h avec une courte pause pour avaler un chapati local ! Et cela pendant 15 jours, autant dire que c’est très physique, surtout pendant les premiers jours dédiés au montage de l’Aquaforce.
Comment avez-vous vécu votre retour de mission ?
Au bureau, mes collègues étaient très curieux de ce que j’avais pu vivre sur place. Je leur ai d’ailleurs promis une présentation complète de la mission prochainement. A titre personnel, il a fallu se réhabituer à une activité sédentaire, de bureau, alors que j’avais passé 15 jours au plein air à boulonner des cuves et à manipuler. Il y a inévitablement une période de réadaptation, ne serait-ce que pour le corps !

Michaël Pannard : "Le challenge était de réaliser cette mission en un temps court et avec beaucoup d'autonomie."

La fondation Veolia accompagne la Croix-Rouge française et le Croissant Rouge qatari et irakien pour alimenter en eau potable le camp Khazer 2, situé à 30 km à l'est de Mossoul en Irak. Ce camp de réfugiés accueille 2 500 familles, soit environ 20 000 personnes. Mickaël Pannard, volontaire Veoliaforce et chef de projet de cette mission, vient de rentrer après trois semaines sur le terrain. Il témoigne.
« Nous avons installé la M40 en binôme avec la Croix-Rouge française et avec l'aide de volontaires du Croissant Rouge irakien. L’équipe du Croissant rouge qatari a quant à elle pris en charge la gestion des camions-citernes. Nous avons aussi formé les volontaires irakiens au fonctionnement de la station, à la chimie et au traitement de l’eau potable. Le challenge était de réaliser cette mission en un temps court et avec beaucoup d'autonomie, et de permettre une prise en main très rapide de l’outil par les volontaires irakiens », raconte Mickaël Pannard, volontaire Veoliaforce et responsable de l’unité du Doubs au sein de l’activité Eau de Veolia en France.

Louis-Joseph Jourdana : "Mettre mon expérience et mes compétences au service des autres "

Louis-Joseph Jourdana,
Technicien d’usine et volontaire Veoliaforce
Collaborateur de Veolia depuis 16 ans, Louis-Joseph Jourdana est technicien d’usine. Il intervient au quotidien dans les stations de traitement d’eau potable et les stations d’épuration pour assurer leur bon fonctionnement et effectuer des opérations de maintenance.
En juin 2016, il suit une formation spécifique pour rejoindre l’équipe d’intervention Veoliaforce, composée de 500 volontaires, et participer aux missions d’urgence humanitaire organisées par la fondation Veolia partout dans le monde. « Je souhaitais mettre mon expérience et mes compétences au service des autres », souligne-t-il. Le 11 octobre, il s’envole vers Haïti pour sa première mission au sein de Veoliaforce. Son objectif : rétablir l’accès à l’eau potable pour les populations les plus affectées par l’ouragan Matthew.
> Retrouvez plus d'information sur la mission menée en Haïti en octobre 2016.
Steve Mougin : "Le partage et l’entraide, au coeur de la démarche "
Steve Mougin,
Technicien développement et membre de l’équipe d’intervention Veoliaforce
Steve Mougin est technicien développement au sein de Veolia depuis 2009. Basé à Chambéry, en Savoie, il est chargé de la mise en service et du suivi des installations de traitement de l’eau et d’assainissement en France. En parallèle, il participe au développement de nouveaux procédés de traitement des eaux. En 2016, Steve fait partie des 25 nouveaux volontaires formés aux techniques d’intervention en situation d’urgence et à l’utilisation des stations Aquaforce 500 et 5 000. Il rejoint l’équipe d’intervention en Haïti le 16 octobre, pour sa première mission avec Veoliaforce. « La Fondation offre aux collaborateurs du Groupe l’opportunité extraordinaire de mettre à profit leur expérience et leurs compétences au service de populations démunies. Le partage et l’entraide sont des valeurs dans lesquelles je me retrouve et qui sont au coeur de la démarche de la Fondation. »
Damien Machuel : "Être utile aux populations les plus démunies"

Damien Machuel, Chef de projet et membre permanent de la fondation Veolia
Chef de projet à la fondation Veolia, Damien Machuel veille au bon déroulement de missions d’urgence humanitaire et de développement dans des pays où l’accès à l’eau et à l’assainissement est limité. « Un travail impactant qui me permet d’être utile aux populations les plus démunies », témoigne-t-il.En 2013, il s’envole pour Uvira, en République Démocratique du Congo, où il prépare un programme de réhabilitation et de sécurisation des réseaux d’eau, afin de lutter contre le choléra. Plus récemment, il part en Équateur, quelques jours seulement après le tremblement de terre dévastateur survenu le 16 avril 2016. Il fait partie de l’équipe chargée de déployer des unités mobiles de traitement de l’eau dans la commune de Calceta. L’intervention en cours en Haïti est sa deuxième mission d’urgence.


David Poinard : "Gagner en humilité et mesurer chaque jour la chance qui est la vôtre de vivre dans un pays en paix."

L’avancée de Daesh (Etat islamique) en Irak provoque des déplacements de populations massifs depuis juin 2014. La région autonome du Kurdistan doit ainsi faire face à un afflux de réfugiés qui fuient les zones de combats. Après avoir réalisé une première intervention avec la Croix-Rouge française à l’été 2014 pour porter assistance aux déplacés, la fondation Veolia s’est de nouveau mobilisée en participant à une mission d’évaluation du camp de Bardarash menée par le ministère des Affaires Etrangères. David Poinard, manager de service Ingénierie technique Eau du Grand Lyon, est parti sur place en août.
Vous êtes parti en août 2015 pour évaluer la situation en eau potable dans le camp de déplacés de Bardarash. Quelles ont été vos premières impressions en arrivant sur le site ?
David Poinard : C’est saisissant ! En arrivant d’Erbil, vous êtes confronté à cette vision étonnante : 3 000 tentes installées sur des dalles de béton, l’ensemble étant cerclé par des barbelés et protégés par des gardes armés… La région est particulièrement aride et cette mini-ville sortie de terre en quelques mois ne laisse pas indifférent. Mais, passés les premiers émois, on se plonge très vite dans le travail.
Vous aviez pour mission d’évaluer l’accès à l’eau potable. Quels points avez-vous relevés ?
D.P. : De nombreuses pistes d’amélioration ont étés soulevées à chaque étape du parcours de l’eau, le réseau de distribution a notamment révélé plusieurs malfaçons, liées notamment à la conception des infrastructures. J’ai donc listé tout ce qui devait faire l’objet d’évolutions et tenté de hiérarchiser les postes d’interventions pour que la population abritée puisse en bénéficier au plus vite.
Vous aviez déjà mené des missions à l’étranger, dans un contexte toutefois différent de développement en Afrique…
D.P. : Oui, et c’est très différent, en particulier sur le plan humain. Au Sénégal, j’avais été confronté à des populations qui n’avaient jamais eu accès à l’eau avant notre arrivée et au lancement d’un projet de développement. A Bardarash, ce sont des personnes déplacées : l’un était médecin dans une ville irakienne peu de temps auparavant, tous avaient des conditions de vie satisfaisantes et un accès à l’eau potable avant de quitter précipitamment leur ville, leur vie… Bref, c’est assez déstabilisant, d’autant que la réalité du conflit n’est jamais loin..
Vous êtes parti sans hésitation ?
D.P. : Aucune hésitation… Mais avec de nombreuses questions malgré tout. Comme beaucoup de gens, je ne connaissais de la région que ce que j’en lisais dans les journaux, soit la description d’un lieu de conflit armé. Mon entourage familial et professionnel n’était pas particulièrement rassuré. Et puis, avec le support de la Fondation et ses réponses, mes proches ont été convaincus.
Et vous repartiriez sans crainte ?
D.P. : Sur place, les contrôles de sécurité font partie du paysage. On croise des gardes armés, des chiens, des miroirs, des portiques… Le climat est légèrement oppressant au début, puis devient banal. Les populations apprennent à vivre avec et sont très accueillantes. Mais l’Irak reste un pays en situation de conflit armé, les témoignages nous rappellent à l’ordre : le risque existe et il faut rester vigilant. Je repartirais sans hésitation : une telle mission est une expérience personnelle et culturelle extraordinaire. Vous y gagnez en humilité, mesurant chaque jour la chance qui est la vôtre de vivre dans un pays en paix.
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David Poinard, 38 ans, est hydrogéologue de formation. Collaborateur du Groupe Veolia depuis 2001, il travaille au sein de Veolia Eau comme manager de service Ingénierie technique Eau du Grand Lyon.

Grégory Gamboa : "Ecouter les problématiques du terrain et tenter de trouver des solutions vertes et pérennes."

Grégory Gamboa est chargé de mission innovation au sein du département logistique de Médecins sans frontières (MSF). Il travaille au quotidien avec les équipes de la fondation Veolia et nous raconte cette collaboration.
D’où viens-tu et quelle est ta mission chez MSF ?
G.G. : Je suis ingénieur de formation. Avant de rejoindre MSF, j’ai travaillé pendant quatre ans chez Caterpillar, à l'installation de systèmes hybrides à énergie photovoltaïque pour l’alimentation d’antennes de téléphonie mobile en Afrique. J'ai intégré les équipes MSF en février dernier. Ma mission, au département logistique, est de définir des solutions d’énergies renouvelables adaptées au terrain, notamment pour la production d’électricité et de froid.
Quels sont les projets sur lesquels la Fondation apporte son soutien à MSF ?
G.G. : La fondation Veolia fournit à MSF des stations mobiles de traitement d’eau, une aide logistique pour le traitement des déchets et soutient un projet pilote à énergie photovoltaïque au Tchad. D'autres pistes de collaboration sont en discussion, toujours sur les trois métiers de Veolia.
La Fondation apporte des compétences dont MSF ne dispose pas en interne et soutient financièrement ces projets d'innovation.
Dans le cadre de ma mission, je suis principalement focalisé sur l’énergie solaire : avec l'aide de la Fondation, un système photovoltaïque hybride verra bientôt le jour au Tchad. A terme, il rendra quasiment autonome en énergie une unité spécialisée dans la prise en charge des cas de paludisme graves. Ce pilote permettra de démontrer l’intérêt économique et pratique de la production d’électricité en site isolé.
En quoi ce partenariat est-il stratégique ?
G.G. : L’avenir n’est plus au gasoil. La plupart des missions de terrain MSF sont dans des zones qui ne sont pas raccordées au réseau électrique. Elles sont encore le plus souvent alimentées par groupe électrogène. Il est essentiel de travailler dès aujourd'hui sur les énergies renouvelables pour que demain ces solutions puissent être déployées largement sur nos terrains.
Ce partenariat est stratégique parce qu'il combine soutien financier et mécénat de compétences sur ces problématiques. Il permet à MSF d’étudier et de tester des solutions sur le terrain et d’apporter un pôle de compétences sur les énergies renouvelables aux équipes opérationnelles.
Que penses-tu de la collaboration ONG/entreprises ?
G.G. : Les ONG sont focalisées sur leur cœur de métier et ne consacrent finalement que peu de temps à l’innovation technique. Ce partenariat avec la fondation Veolia est une réelle opportunité d’explorer, à moindre coût et en s'appuyant sur des solutions techniques et des compétences solides, des solutions innovantes et sécuritaires pour assurer l’autonomie énergétique des missions MSF.
Quels sont les prochains projets avec la fondation Veolia ?
G.G. : Nous sommes en train de travailler sur un système hybride solaire mobile pour l’alimentation électrique d’un camion laboratoire en Ouganda et sur un système hybride solaire pour l’alimentation de bureaux dans l'hôpital MSF à Haïti.
Nous allons bientôt tester des climatisations solaires sans batterie, des chauffe-eau solaires et espérons mettre en place un site pilote de récupération de chaleur thermique d’un groupe électrogène pour la production de froid.
Personnellement, que tires-tu de cette expérience ?
G.G. : C’est une expérience très enrichissante, tant du côté humain que technique. On doit à la fois écouter les problématiques du terrain et tenter de trouver des solutions vertes et pérennes. Les autres sections opérationnelles de MSF commencent aussi à s'intéresser aux solutions d’énergies renouvelables, mais pour l’instant seul la section française de MSF avec la fondation Veolia ont elles-mêmes conçu leurs propres systèmes. J’espère que l’avenir sera vert et qu’on pourra prochainement pérenniser ensemble tous ces acquis.
Interview réalisée par Médecins sans frontières (MSF).
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En mars 2015, MSF et la fondation Veolia signent un partenariat autour de la recherche et développement dans les domaines de l’eau potable, de l’assainissement, de l'énergie et des déchets.
Après deux années d'une collaboration fructueuse autour de l'amélioration de la qualité de l'eau dans la région de Kalémie en République démocratique du Congo, la fondation Veolia et MSF ont renforcé leur partenariat autour d'un objectif principal : optimiser et réduire l'empreinte énergétique des projets et missions de MSF, et étudier les possibilités d'utilisation d'énergies renouvelables, en particulier solaires, sur les installations de terrain afin qu’elles gagnent en autonomie.
En plus d’un soutien financier, la fondation Veolia met à disposition de MSF ses experts du réseau Veoliaforce pour l'accompagner dans ces projets.
Le premier champ de recherche appliquée et d’expérimentation concerne l'installation de panneaux solaires photovoltaïques pour rendre autonome et sécuriser l'approvisionnement en électricité de la mission de lutte contre le paludisme menée par MSF à Moissala, au sud du Tchad.

Guillaume Cubizolles : "Des collègues ont accepté de prendre mon tour d'astreinte et une surcharge temporaire de travail."

Guillaume Cubizolles, 33 ans, a passé trois semaines à Macenta, l'un des principaux foyers guinéens de la fièvre Ebola. A la demande de la Croix-Rouge française, il a conçu et mis en place un système de distribution d'eau complexe pour alimenter un centre de soins. Retour sur cette expérience au cœur de l'épidémie.
Vous êtes rentré mi-novembre de Guinée, après une longue mission liée à la construction d'un centre de traitement de la fièvre Ebola. Dans quel contexte êtes-vous parti ?
Comme toujours, lors d'interventions humanitaires, il faut aller vite. Il s'est passé 10 jours entre le premier coup de fil de la Fondation et mon arrivée sur place, le temps surtout d'être briefé par la Croix-Rouge française (CRF). Il fallait à la fois comprendre l'enjeu et les contours du projet, et se familiariser avec les consignes de sécurité.
Vous partiez dans une zone touchée par une épidémie dont on entend beaucoup parler depuis quelques mois...
Je n'avais pas plus de connaissances sur Ebola que la moyenne des gens. La formation que j'ai suivie à la CRF a été, du coup, très éclairante. On y découvre qu'il s'agit d'une maladie moins contagieuse que d'autres puisqu'elle ne se transmet pas par l'air. On y apprend les règles à respecter sur place (pas de contacts physiques, consommation d'eau sécurisée). Bref, on fait la part des choses entre psychose médiatique et réel danger.
Sur place, comment avez-vous géré le calendrier des travaux ?
Nous avons d'abord, avec les membres de la CRF avec qui je suis parti, vérifié la bonne adéquation de nos plans avec la réalité. Il y a eu quelques évolutions à prendre en compte, par exemple pour des parcelles de terrain où une dalle de béton avait été coulée alors que nous pensions y faire passer des tuyaux. Il fallait ensuite adapter le projet à la disponibilité du matériel. Dans ce type de circonstances, il faut oublier tout ce qu'on a appris et faire avec ce qui est possible sur place. La CRF a réussi à trouver des cuves, pompes et tuyaux dans la région, mais certains éléments ont dû être acheminés de la capitale Conakry. Soit des journées entières à attendre que le camion de transport rallie Macenta... C'est la partie la plus frustrante de la mission : les équipes sont constituées, les plombiers guinéens recrutés, et vous vous retrouvez à attendre qu'on récupère le camion qui s'est embourbé quelque part sur la piste !
Vous avez néanmoins tenu les délais ?
Oui, à la fois parce que nous avions prévu assez large et parce que les Guinéens avec qui nous avons travaillé ont été très efficaces. Les journées sur le chantier pouvaient durer de 8h à minuit. Et il fallait bien cela puisqu'il y avait trois réseaux d'eau à réaliser, avec des concentrations de chlore différentes pour couvrir l'ensemble des besoins du Centre définis par Médecins sans frontières, le maître d'ouvrage. La mise en service a eu lieu la veille de mon départ, mi-novembre, et le centre a accueilli ses premiers patients peu après.
Votre mission s'achevait dès lors que vous posiez le pied sur le sol français ?
Pas tout à fait puisqu'il me restait un rapport à rédiger. Or l'objectif d'un tel document n'est pas tant de détailler ce qui a été fait que de pouvoir servir lors de prochains projets similaires. En précisant les difficultés rencontrées et les solutions adoptées, on espère que les suivants gagneront en temps et en efficacité.
Sur le plan de la sécurité, quelles sont les différentes étapes quand on rentre d'une zone d'épidémie ?
La seule consigne est de prendre sa température deux fois par jour pour repérer toute anomalie éventuelle. Mais très honnêtement, ma seule crainte était d'attraper un coup de froid, d'avoir de la fièvre et d'être mis en quarantaine d'office alors que je savais n'avoir pris aucun risque.
Comment organise-t-on la gestion d'une vie professionnelle et familiale pendant trois semaines d'absence ?
A l'agence, après l'accord de ma supérieure hiérarchique, j'ai pu m'organiser pour décaler un certain nombre de dossiers, des collègues ont accepté de prendre mon tour d'astreinte et une surcharge temporaire de travail. A la maison, il est certain qu'il faut avoir une épouse compréhensive pour pouvoir s'absenter trois semaines avec deux enfants en bas âge !
A PROPOS DU VOLONTAIRE
Guillaume Cubizolles, 33 ans
12 ans au sein du groupe Veolia,
10 ans de volontariat auprès de la fondation Veolia :
- 2 semaines en Chine en 2008
- 3 semaines en Haïti en 2010
- 3 semaines en Guinée
ACTUALITE
> 1er décembre 2014 - Ebola : la fondation Veolia intervient en Guinée aux côtés de la Croix-Rouge

Grégory Gonzales : "La vraie difficulté est là : savoir s'adapter au contexte."

Grégory Gonzales, technicien de maintenance Veolia, est l'un des volontaires partis en mission au Kurdistan irakien cet été. Pendant trois semaines, il a organisé l'approvisionnement en eau potable et la construction de latrines sur une quarantaine de sites dédiés à l'hébergement des réfugiés irakiens.
Vous êtes rentrés le 9 septembre de trois semaines en Irak. Dans quel contexte êtes-vous parti ?
La Croix-Rouge française, partenaire de la fondation Veolia, a lancé une pré-alerte au début de l'été. C'était l'annonce d'un prochain déploiement d'Equipes de réponse à l'urgence (Emergency Response Unit, ERU) sur le terrain. La guerre contre Daech (l'Etat islamique) a conduit à des déplacements de population et des milliers de réfugiés arrivent au Kurdistan irakien. Une réponse humanitaire, dont la fondation Veolia était partie prenante, a été structurée ces dernières semaines. J'ai été appelé en tant que volontaire formé pour intégrer les ERU envoyées sur zone.
Vous étiez d'ailleurs le troisième représentant du groupe Veolia à partir dans le Nord irakien.
Quelle a été votre mission ?
L'enjeu était d'organiser l'approvisionnement en eau potable et la construction de latrines pour les réfugiés situés en dehors des camps. Sur les 100 000 personnes déplacées, une partie vit dans les camps de réfugiés, d'autres ont été accueillies par les communautés et sont installées dans des écoles, des mosquées, des églises, des bâtiments en construction...
Comment organiser l'accès à l'eau potable dans des environnements aussi variés ?
Il a fallu acheter des réservoirs (1 m3) à installer sur les sites puis organiser leur remplissage. Des camions citernes livrent l'eau fournie par les communes voisines. Puis des ERU testent et vérifient sa bonne chloraison avant de la distribuer aux Irakiens.
Et pour les latrines ?
Pour préfabriquer et installer des latrines, les compétences requises sont nombreuses ! Des équipes de maçons et de charpentiers ont été constituées pour mener à bien le travail. Nous avons recruté parmi les déplacés et réfugiés, ce qui a permis à la fois d'offrir un travail rémunéré à une population en demande, et d'adapter l'aide aux besoins réels. La vraie difficulté est là : savoir s'adapter au contexte.
En quoi le Kurdistan irakien est-il différent d'autres situations de gestion de réfugiés ?
Il fait jusqu'à 40-45° en journée ! Or les latrines sont le plus souvent construites avec de la tôle... Sur le terrain irakien, la solution s'est vite avérée intenable et il a fallu changer notre fusil d'épaule en privilégiant le bois comme matériau de construction. L'autre facteur de complication est lié à l'accueil des réfugiés dans les communautés.
De nouveaux sites d'hébergement émergent tous les jours, d'une base militaire désaffectée à un ancien hôtel particulier de Saddam Hussein. Ils abritent de 200 à 2000 personnes. Donc il faut à chaque fois dimensionner et adapter la réponse pour trouver la solution qui sera la plus utile pour les réfugiés.
Enfin, et ce n'est pas le moins important, la mission s'est déroulée dans un contexte particulier : le conflit armé n'est pas loin, la vigilance doit donc être permanente.
Du matériel a été parallèlement acheminé par la Fondation avec le Centre de crise du ministère des Affaires étrangères...
Oui, il y avait notamment des réservoirs - des "bladders", structures souples de 10 m3, et des citernes de 30 m3 - que nous avons participé à installer, ainsi que de la tuyauterie. Les rampes de distribution d'eau avec robinets prémontés ont été particulièrement utiles pour organiser la distribution de l'eau potable aux réfugiés.
Vous êtes partis trois semaines sur votre temps de travail. Comment votre absence a-t-elle été gérée ?
A l'agence de Toulon où je travaille, mes collègues ont eu la gentillesse de reprendre mes heures d'astreinte. Et à la maison, ma femme, qui partage mon engagement dans l'action humanitaire, a géré nos quatre garçons !
A PROPOS DU VOLONTAIRE
Grégory Gonzales, 37 ans
8 ans au sein du Groupe Veolia.
2 missions comme volontaire Veoliaforce avec la Croix-Rouge française :
- 4 semaines en Haïti,
- 3 semaines en Irak.