Un café pour le “monde” des laissés-pour-compte

À partir d'un lieu convivial où prendre un café ou boire une soupe, l'association Autremonde tente à Paris, dans le XXe arrondissement, d'aider des populations marginalisées à se reconstruire. Début 2006, elle a changé de local et a élargi le champ de ses activités.

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« Une belle leçon d'humilité »

Laurent Micaelli

Depuis 1994, l'association Autremonde s'emploie à mettre en contact deux "mondes" qui se côtoient souvent dans les grandes villes, mais parviennent rarement à nouer des relations : des jeunes bénévoles désireux de s'engager dans une action humanitaire de proximité et des personnes en situation de grande précarité. Jusqu'en 2005, elle bénéficiait d'un local dans l'enceinte de l'hôpital Tenon (dans le XXe arrondissement) où ses bénévoles recevaient en accueil de jour ceux qui faisaient appel à elle : personnes souffrant de problèmes de marginalisation et d'isolement, jeunes en ruptures familiales ou affectives, personnes rencontrant des problèmes psychiques. Les deux tiers des habitués du lieu avaient moins de 35 ans.

Retrouver l'estime de soi

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D'avantage qu'une prestation de service, les bénévoles offrent un moment d'échange et de discussion.

En 2006, Autremonde est toutefois contrainte de quitter ce local.
Situé dans une partie désaffectée de l'hôpital, il est en effet promis à démolition. Anticipant cette future "mise à la rue", l'association a choisi de rebondir courant 2005 en rénovant un espace situé dans le XXe arrondissement (rue de la Mare), où elle veut développer des activités complémentaires à celles qu'elle menait dans l'enceinte de l'hôpital.

Depuis, dans ce "Café Autremonde", inauguré à l'automne 2006, ses bénévoles organisent, outre l'accueil de jour, des activités culturelles (braderies au profit de l'association, mettant en avant le travail de jeunes artistes par exemple), des soirées festives, des sorties culturelles. Parallèlement, ils ont mis en place un pôle d'information juridique favorisant l'accès aux droits et à l'exercice de la citoyenneté. Enfin, grâce à des activités sportives, à l'intervention de kinésithérapeutes, de podologues et de coiffeurs, ils essaient d'aider les plus désespérés à retrouver confiance et estime de soi.

Aux côtés de la Dases, de la Préfecture et du conseil régional d'Ile-de-France, la fondation a financé une partie des travaux de réhabilitation du Café Autremonde en versant 55 000 euros.