Pour une école où l'on se sente bien

Pour combattre l'abandon du système scolaire par les petites filles, le gouvernement marocain a décidé avec l'UNICEF d'améliorer les conditions d'hygiène et de sécurité dans plus de 50 écoles autour de Tanger.

Au Maroc, pourquoi tant d'enfants, et surtout de filles, abandonnent-ils leur école avant la fin de leur scolarité ? A cause de son insalubrité. C'est ce que révèle une enquête réalisée au début des années 2000 sous l'égide du gouvernement marocain et de l'UNICEF dans des écoles des quartiers déshérités autour de Tanger.

A peine un enfant sur deux est scolarisé et une personne sur deux, alphabétisée ; quatre femmes sur cinq sont analphabètes.

Un projet d'envergure

Pour y remédier, il faut des moyens et des compétences. La collectivité française du Grand Lyon et la fondation Veolia unissent leurs forces à celles de l'UNICEF, du ministère marocain de l'Education, d'associations et d'autres entreprises comme Amendis pour mener, en partenariat, un vaste projet.

Lancé en 2003 par un accord de coopération, ce projet comporte un important volet technique. Après un diagnostic précis, de nombreux chantiers sont entrepris dans chaque établissement : branchement aux réseaux publics d'eau, d'assainissement et d'électricité, installation ou rénovation des blocs sanitaires. Les travaux sont réalisés par des entreprises marocaines sélectionnées sur appel d'offres lancés pour chaque école, tandis que le suivi est réalisé par Amendis et un expert de Veoliaforce.

Parallèlement, un travail quotidien est mené sur le terrain, avec les autorités locales, l'UNICEF et l'association Al-Barzakh, pour sensibiliser toutes les parties concernées à l'importance de l'hygiène pour la santé : des élèves aux professeurs, en passant par les parents, les employés de la maintenance et les responsables locaux.

Un meilleur accueil dans plus de 50 écoles

Initialement prévu sur trois ans (2003-2006) pour bénéficier à une trentaine d'écoles, ce partenariat est prolongé jusque fin 2009, pour au final intervenir sur plus d'une cinquantaine d'établissements. Le bilan est donc très positif : 296 toilettes et 152 lavabos ont été construits ou rénovés pour les élèves, et 58 toilettes pour les enseignants. Plus de 30 branchements neufs permettant le raccordement aux réseaux d'eau potable, assainissement et électricité ont été réalisés. Selon l'UNICEF et les porteurs de projet, 50 000 jeunes ont désormais accès à des sanitaires décents et ont été sensibilisés à l'importance de l'hygiène.

Résultat : dans la province de Tanger-Asilah, le taux d'abandon scolaire des filles est passé de 5,1% en 2002-2003 à 0,9% en 2006.