Micro-crédit solidaire dans les banlieues pauvres de la Colombie

ONG spécialisée dans le domaine du micro-crédit, ECLOF (Ecumenical Church Loan Fund) renforce son action en Amérique latine et tout particulièrement en Colombie. Objectif à 10 ans : aider au démarrage de quelque 50 000 petites entreprises.

 

Fondée au lendemain de la deuxième guerre mondiale par des familles protestantes genevoises, ECLOF (Ecumenical Church Loan Fund) est une institution internationale de micro-crédit. Elle octroie des crédits bancaires à tous ceux qui n'ont pas accès au système bancaire classique, afin de les aider à créer leur propre petite entreprise. ECLOF s'est ainsi beaucoup développée en Afrique, où elle a soutenu l'émergence de nombreuses petites activités individuelles dans les domaines de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce. Depuis plusieurs années, elle se renforce en Amérique latine.

Groupes solidaires pour sécuriser l'activité

En Colombie notamment, ECLOF a fait appel à l'aide de la fondation Veolia dans le but de pouvoir accorder des crédits aux petits entrepreneurs : grâce à ce type de soutien, ECLOF a pour ambition de collecter environ 1 100 000 euros pour faciliter la création de quelque 50 000 petits commerces dans les dix ans à venir. Une action jugée d'autant plus essentielle que dans les banlieues des grandes villes - et notamment tout autour de Bogota - de nombreuses familles paysannes expulsées de leurs terres par les FARC vivent dans le plus total dénuement.

Pour parvenir à ce résultat tout en s'assurant que les sommes versées à chaque entrepreneur - même si elles restent très modestes - seront utilisées au mieux, ECLOF a mis au point un système original : l'ONG conseille en effet à tous ceux qui viennent la solliciter de se constituer en groupes de cinq personnes se connaissant bien.
Cette organisation solidaire permet d'éviter l'échec d'une activité dans le cas où le principal contractant tomberait malade. Par ailleurs, elle soude plusieurs adultes autour d'un même projet, elle permet de lutter contre l'isolement des plus pauvres et elle renforce les capacités de crédits, puisque chaque membre du groupe a le droit d'emprunter jusqu'à 400 000 pesos (soit 136 euros).

Premières réalisations

 

Presqu'un an après avoir accordé le principe d'une subvention de 40 000 euros à ECLOF (et après en avoir versé une première moitié), la fondation Veolia s'est rendue sur place au printemps 2008 lors d'une mission d'évaluation. 150 entrepreneurs s'étaient déjà vu prêter de l'argent dans les faubourgs de la ville de « Ciudad Bolivar ». Parmi eux, de nombreux vendeurs ambulants : vendeurs de chaussures, de vêtements, d'alimentation, d'ustensiles de plomberie, laveurs de carreaux, recycleurs, boulangers, pâtissiers, bricoleurs, etc.

66 % d'entre eux avaient moins de 50 ans, 55 % étaient des femmes seules (le plus souvent avec enfants) et 80 % des agriculteurs pudiquement nommés "déplacés", c'est à dire obligés de fuir les FARC. Au total, près de 500 personnes bénéficiaient déjà de ces coups de pouce indispensables pour parvenir à sortir de la grande pauvreté.