Les fruits de l'insertion sociale et professionnelle

Pour aider des personnes très défavorisées à améliorer leur quotidien, une association de Weida développe son jardin maraîcher. Au menu : thés, tisanes et confitures.

« Une vraie coopération "de cœur" s'est établie entre l'association, moi-même et le maire. »

Frank Fritsch

Weida, une ville de Thüringe de 9 000 habitants, connaît un assez fort taux de chômage : 15% de sa population en âge de travailler est inactive. Parmi les personnes sans emploi, une initiative voit le jour en 1994 : des vêtements et des ustensiles de cuisine usagés sont collectés pour être redistribués à ceux qui n'ont rien, ou si peu. Retraités avec une toute petite retraite, jeunes sans formation professionnelle, jeunes mamans de moins de 18 ans, familles d'immigrants, hommes célibataires : au fil des ans, de plus en plus de personnes comptent beaucoup sur cette solidarité.
En 2005, devant l'augmentation des demandes, la municipalité accorde un bâtiment au cœur de la ville pour faciliter les échanges. Doté d'un jardin, il voit bientôt converger jusqu'à deux cents personnes par semaine qui viennent trouver des “biens”, mais aussi des conseils, une tasse de café, un peu de chaleur humaine. Certains n'hésitent pas à mettre la main à la pâte. Le jardin est cultivé pour donner des herbes aromatiques et des fruits. Des tisanes, des confitures et des pommades thérapeutiques sont fabriquées de façon artisanale.

Petits déjeûners solidaires

Aujourd'hui, devant le succès de cette initiative, une association de droit allemand s'est constituée : l'équipe qui anime les lieux peut ainsi se professionnaliser et prendre de nouvelles initiatives. Parmi elles : le perfectionnement et l'exploitation du jardin qui permettra de procurer du travail aux personnes en difficulté et de produire certaines spécialités régionales qui seront vendues par la suite sur les marchés ou lors de petits-déjeuners de quartier.
Le perfectionnement du jardin, puis l'équipement de la cuisine et de la salle polyvalente, nécessaires à ces évolutions, permettront de lancer le projet courant 2007. Si l'association compte démarrer en s'appuyant sur son réseau de bénévoles, son but, très rapidement, est d'embaucher cinq collaborateurs choisis parmi ses “protégés”. L'argent de la vente des confitures et autres gourmandises pourra à son tour soutenir les actions sociales de l'association.