La maternité de Gadtenga réhabilitée par des étudiants en médecine

Des étudiants en médecine réhabilitent une maternité villageoise tout en menant un programme de prévention des maladies sexuellement transmissibles et de sensibilisation à l'hygiène.

Situé à 50 km au nord-est d'Ouagadougou, le village de Gadtenga dispose d'un dispensaire et d'une maternité regroupés dans le Centre social pour la promotion de la santé (CSPS). L'unique sage-femme de la région et trois infirmiers constituent le personnel médical du CSPS, qui bénéficie à plusieurs milliers de personnes : les habitants de Gadtenga, mais aussi ceux de la commune de Dapélogo dont dépend le village, et du district sanitaire de Ziniaré, en charge du CSPS.

En 2010, l'association Poemes (Paris Ouest Étudiants en Médecine et Solidarité), qui regroupe des étudiants en médecine de l'Université Versailles Saint Quentin en Yvelines, a permis la réfection du dispensaire du CSPS. Créée en 2000, l'association mène ou collabore à des actions dans les domaines de la santé publique et de la solidarité locale et internationale. A son actif, l'Hôpital des Nounours permet par exemple aux enfants de maternelle de découvrir le milieu médical sans appréhension, sous la forme d'un jeu de rôles.

Une réponse globale, pour aider mieux encore les populations

En 2011, de nouveaux étudiants de l'association Poemes retournent dans le village de Gadtenga pendant trois semaines pour réhabiliter la maternité. Les travaux sont importants : réparation des faux plafonds, colmatage des fissures, peinture intérieure et extérieure du bâtiment, changement des portes et fenêtres,et renouvellement du matériel médical. Mais il s'agit également pour les étudiants d'assurer des activités de prévention des maladies sexuellement transmissibles (MST), dont le Sida, et de sensibilisation à l'hygiène. Cette dernière prend la forme d'ateliers organisés tous les soirs et de sketches dont les élèves du village sont acteurs.

Fournir un cadre favorable au travail du personnel médical, encourageant les femmes à venir accoucher à la maternité, prévenir les pratiques à risques pour diminuer les cas de MST et améliorer les comportements en matière d'hygiène, tels sont les objectifs du projet. Ils ont été définis avec le partenaire local de Poemes : l'Association des Jeunes pour le Développement Humanitaire (AJDH), qui assure le suivi et la bonne continuation du projet sur le terrain. Basée à Ouagadougou, l'AJDH identifie, avec l'aide des autorités locales, les besoins des centres sanitaires, des écoles et autres infrastructures publiques dans les villages. L'association rédige un projet et étudie sa faisabilité avec l'un de ses partenaires, choisi en fonction de ses compétences.

Poemes est la première association d'étudiants en médecine retenue par le jury du « Prix de la solidarité étudiante ». Elle connait bien la région, puisque c'est la deuxième fois qu'elle se rend à Gadtenga, et a su tisser des liens forts avec la population.

Marraine du projet, Frédérique Héry, chargée de mission à la fondation Veolia, est impliquée depuis plusieurs années dans des projets au Burkina-Faso. Elle apporte aux étudiants ses connaissances du terrain et des acteurs locaux.