À l'écoute des enfants traumatisés

À Gumri, ville arménienne touchée par plusieurs séismes et le conflit du Haut-Karabakh tout proche, Douleurs sans frontières gère un centre d'accueil pour les enfants traumatisés. Un lieu qu'il est nécessaire de sauver du vieillissement.

« Si je pouvais, je présenterais trois projets par an ! »
Gilles Venambre

À la suite d'un conflit armé ou d'une catastrophe naturelle, les pays pauvres rencontrent en général les plus grandes difficultés à trouver les médecins nécessaires pour dispenser les premiers soins.
Autant dire qu'ils sont loin de pouvoir prendre en charge les douleurs physiques ou psychiques...

Fondée par des médecins français en 1996, l'association Douleurs sans frontières (DSF) s'est constituée en réponse à cette situation : face à l'épreuve de la douleur, les plus démunis sont aussi ceux qui souffrent le plus. L'association est aujourd'hui présente sur de nombreux «fronts» : l'Algérie, le Cambodge, l'Angola, la Palestine, le Maroc, le Mozambique et l'Arménie.

Pertes du langage et retards psychomoteurs

Dans ce dernier pays, la ville de Gumri se situe en plein Caucase. Depuis plusieurs années, elle a eu à subir des secousses sismiques de grande ampleur, mais aussi à accueillir de nombreux réfugiés Azéris venant du Haut-Karabakh, alors même que ses infrastructures étaient gravement endommagées par les tremblements de terre successifs.
Dans le quartier le plus pauvre de la ville, où résident environ 28 000 habitants, DSF s'est installée dans le centre Aragatz-Anna (avec l'accord de la municipalité), qui accueille les enfants ayant subi la guerre ou les tremblements de terre. En partenariat avec Psychologues sans frontières, elle tente de soigner ces petits qui souffrent de graves traumatismes : perte du langage, troubles du sommeil, troubles alimentaires, retards psychomoteurs, etc.
Mais le centre est en piteux état, au point qu'il menace de devoir être fermé : alors qu'à Gumri, les températures peuvent atteindre fréquemment les - 25° l'hiver, le chauffage électrique est coûteux et inefficace, il n'y a pas d'eau courante et les murs sont ravagés par l'humidité.
Les 20 000 euros accordés par la fondation Veolia seront utilisés pour réaménager le jardin d'enfants (sols, peintures murales, petit mobilier et matériel pédagogique) et installer le chauffage central et l'eau courante dans le bâtiment principal. Une urgence pour empêcher que les enfants pauvres de Gumri subissent un nouveau traumatisme lié à la fermeture de ce lieu où ils parviennent, tout doucement, à se reconstruire…