L'audiovisuel, média de cohésion sociale dans les quartiers sensibles de Bordeaux

K Prod a choisi la production de supports audiovisuels pour faire revivre socialement des quartiers dits "difficiles" en banlieue bordelaise. Toutes les nationalités, toutes les religions, toutes les générations se retrouvent dans la réalisation d'une série policière bientôt diffusée sur la Web TV d'Arte.

« Un groupe de jeunes qui travaillent tous dur, bénévolement, avec un enthousiasme, un amour pour leur quartier et une convivialité extraordinaires. »

Bertrand Auneau

Baccalan, le Grand-Parc, les Aubiers : trois quartiers qui concentrent une grande partie des populations en difficulté du Nord de la communauté urbaine de Bordeaux.
Avec une moyenne de 40 % de chômage, pas facile de trouver une solution à l'ennui et à l'ambiance souvent tendue dans les tours où le taux de suicide est le plus haut de la région. Depuis plusieurs semaines, certains ont fait le pari que cette solution passerait peut-être par l'utilisation d'une caméra, pour fédérer les savoirs individuels et collectifs et rassembler les énergies.

K Prod, association qui travaille dans le domaine audiovisuel, a déjà réussi à créer des emplois, à impliquer des habitants des quartiers et à instaurer un dialogue entre des populations qui "ne se mélangeaient pas" auparavant.
À Bordeaux, tout est parti d'un court-métrage, qui, une fois diffusé, a généré une véritable envie de création. Une aventure collective était née.

Et "Djamel et Zak" devint une série

Karim Benasia, 18 ans, est à l'origine du scénario : l'histoire de deux frères qui restent solidaires malgré des démêlés avec la justice. Une première subvention d'Arte, l'arrivée de Lydia Herbel, réalisatrice, et le court-métrage commence à prendre la forme d'une série.

La réalisatrice forme des jeunes à l'écriture et à la réalisation tout en faisant participer bénévolement des professionnels : avocats, juristes, policiers, médecins, techniciens audiovisuels, acteurs... En outre, tous les habitants, quels que soient leur âge ou leur passé judiciaires, peuvent participer. Car chaque épisode est basé sur le réalisme et certains habitants jouent à l'écran leur propre aventure. Enfin, l'ensemble est tourné dans les trois quartiers, qui, bien qu'un peu éloignés les uns des autres, deviennent un seul et même décor. La subvention de la fondation Veolia va permettre l'achat de différents équipements techniques, dont principalement une station de montage. Les trente premiers épisodes de la série seront diffusés sur la Web-tv d'Arte. À vos écrans !