Evaluation du camp de déplacés de Bardarash

L’avancée de Daesh (Etat islamique) en Irak provoque des déplacements de populations massifs depuis juin 2014. La région autonome du Kurdistan doit ainsi faire face à un afflux de réfugiés qui fuient les zones de combats. Après avoir réalisé une première intervention avec la Croix-Rouge française à l’été 2014 pour porter assistance aux déplacés, la fondation Veolia s’est de nouveau mobilisée en participant à une mission d’évaluation du camp de Bardarash menée par le ministère des Affaires Etrangères. Un volontaire de la Fondation est parti sur place en août.

"En arrivant d’Erbil, vous êtes confronté à cette vision étonnante : 3 000 tentes installées sur des dalles de béton, l’ensemble étant cerclé par des barbelés et protégés par des gardes armés… "
David Poinard, 38 ans, est hydrogéologue de formation. Collaborateur du Groupe Veolia depuis 2001, il travaille au sein de Veolia Eau comme manager de service Ingénierie technique Eau du Grand Lyon.


Opérationnel depuis janvier 2015, le camp de Bardarash, situé entre Mosul et Erbil dans le Nord de l’Irak, abritait 9 000 personnes au moment de la mission. Cette population, qui fuit les combats voisins, est principalement issue de l’ethnie shabak, une minorité originaire de la province de Ninive et persécutée par Daesh. En quelques semaines, 3 000 tentes ont été installées sur des dalles de béton avec des blocs sanitaires attenants.
 
En mai 2015, le Centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères (MAE) a sollicité ses partenaires privés pour participer au projet d’amélioration de ce camp de personnes déplacées. Dans le cadre de la convention de partenariat signée avec le MAE le 27 août 2014, la Fondation a envoyé un volontaire Veoliaforce sur le terrain pour participer à l’évaluation des besoins. David Poinard, manager de service Ingénierie Technique chez Eau du Grand Lyon, s’est rendu à Bardarash en juin. Sa mission a consisté à évaluer la situation en eau potable, de la production à partir des forages jusqu’à la distribution aux robinets. Il a ainsi procédé à l’examen des quatre forages, des huit réservoirs de stockage, de la qualité d’eau et du réseau de distribution qui achemine l’eau jusqu’aux trois robinets disponibles pour chacune des 3 000 tentes.
 
Le diagnostic établi par la fondation Veolia a permis à l’ONG Première Urgence - Aide Médicale Internationale, interlocuteur dans la gestion du camp, de commencer un premier programme d’actions rapides comprenant entre autres : l’opération de “bypasser” le réservoir du centre de santé pour éviter la stagnation de l’eau, l’établissement d’un périmètre de protection autour des forages, ou encore la mise en place d’un programme d’analyses… D’autres mesures, de plus long terme, ont également été proposées : elles permettront une amélioration sur la durée de l’accès à l’eau dans ce camp.