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7 septembre 2015

Antoine Jicquel : « Mon objectif était de devenir inutile le plus rapidement possible »

Au Népal, à la demande de son partenaire historique la Croix Rouge française, la Fondation a renforcé son soutien en envoyant sur le terrain un volontaire Veoliaforce. Pendant trois semaines cet été, il a travaillé sur l'alimentation en eau potable d'un centre de santé mobile à l'Est de Katmandu et a participé à la rénovation des systèmes d’adduction et d’assainissement de deux écoles voisines. Explications avec le principal intéressé, Antoine Jicquel, technicien de laboratoire au Centre d’Analyses Environnementales de Veolia Eau.

Comment s’est déroulé votre départ pour le Népal ?
Antoine Jicquel : Comme souvent dans ces circonstances post-sinistre, tout est allé très vite. Après le premier appel de la Fondation, et une fois l’accord de mon supérieur hiérarchique obtenu, il ne s’est passé que quelques jours avant mon arrivée sur place, le 8 juillet.
BHCU au Népal - Témoignage d'Antoine Jicquel
Quel était l’objet initial de votre mission ?
A.J. : Il s’agissait, avec la Croix Rouge, de se rendre à Singati, dans la région du Sindhupalchok, la plus touchée par le second séisme qui a frappé le pays en mai dernier. Un centre de santé mobile (une “Basic Health Care Unit”, BHCU) a été mis en place à l’Est de Katmandu et l’eau qui y était délivrée n’était pas consommée.
Quel était le problème ?
A.J. : L’eau avait un goût fort de produit chimique. Autant le système de distribution avait été parfaitement monté, autant les mécanismes de production s’avéraient défaillants. J’ai donc passé beaucoup de temps à comprendre ce qu’il fallait mieux régler. La première difficulté consistait à m’adapter à l’existant puisque je ne disposais pas du matériel de laboratoire classique pour procéder aux tests que l’on pratique généralement dans ce type de circonstances. En lien avec l’équipe de la Fondation, j’ai donc fait avec ce que je trouvais sur place. La seconde difficulté tenait à l’eau à traiter. Entre sa qualité naturelle et les glissements de terrain des environs qui finissaient d’en altérer la composition, il a fallu être souple et adapter chaque jour le process pour obtenir une eau potable.
Adapter le process… Tout en formant celui qui pouvait prendre votre suite ?
A.J. : Oui, mon objectif était de devenir inutile le plus rapidement possible. J’ai donc appris à un plombier népalais comment, chaque matin, aller mesurer la qualité de l’eau pour adapter les traitements et délais de décantation et fournir une eau de qualité, susceptible d’être consommée et utilisée par le centre de santé. Nous y sommes parvenus finalement plus rapidement que ce que j’imaginais en arrivant.
Népal : enfants
Vous avez ensuite participé à d’autres activités de la Croix Rouge sur place ?
A.J. : Oui, une fois l’alimentation en eau potable du centre gérée, j’ai participé à la rénovation de deux écoles voisines. Dans la première, il s’agissait de renforcer le système de distribution de l’eau. Nous avons cherché à obtenir plus de pression, les tuyauteries n’ont pas résisté, certaines ont cédé et nous avons dû réparer une partie du réseau d’acheminement de l’eau. Un double robinet et deux latrines ont été installés. Dans la seconde, l’objectif était de faciliter l’accès au site, devenu particulièrement marécageux avec les glissements de terrain et les pluies diluviennes qui ont suivi. Nous avons fait venir un tractopelle pour créer des drainages, installer du gravier et faire en sorte que les enfants puissent accéder à l’école dans de meilleures conditions. Enfin, j’ai eu le temps d’aider à l’installation d’un autoclave, un appareil qui permet la stérilisation du matériel médical ou chirurgical, à l’hôpital de Charicot.
Le théâtre d’un sinistre laisse rarement indifférent. Quel a été l’élément le plus difficile à appréhender pour vous ?
A.J. : Travailler sur un centre de santé mobile qui délivre jusqu’à 100 consultations par jour, c’est une vraie épreuve sur le plan humain. Vous vivez au milieu d’une population durement touchée, atteinte physiquement, et vous avez beau être affecté à une tâche technique, l’atmosphère est forcément lourde. Mais c’est également ce qui donne toute sa dimension à une mission de secours humanitaire !
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Antoine Jicquel en chiffres
34 ans.
10 ans dans le service de microbiologie du Centre d’analyses environnementales de Veolia Eau.
Volontaire Veoliaforce depuis 2008.
Trois expériences à l’étranger : au Pakistan en 2007, en Corée du Nord en 2007, au Népal en 2015.
Trois semaines à l’Est de Katmandu.