Des abeilles pour remplacer la coca

Troquer l'économie de la coca contre celle du miel est l'un des objectifs du Bureau de lutte contre la Drogue et les Crimes de l'ONU. Avec une ambition : aider à la réinsertion professionnelle et sociale des paysans tout en préservant la forêt amazonienne.

« C'est un vrai projet de mécénat, visible, engagé et en coopération avec l'ONU, le gouvernement colombien et la chaîne de distribution des magasins Carrefour. En le soutenant, la fondation Veolia participe aux actions de cultures de substitution à la coca tout en respectant son engagement environnemental. »
Manuel Barrera Medina

En Colombie, même si de nombreuses communautés agricoles dépendent exclusivement de la culture illicite de la coca pour assurer leur subsistance, tous les paysans qui en font partie ne s'enrichissent pas pour autant. Loin de là. Endettés pour acheter les graines et le matériel nécessaires, ils sont ensuite rackettés par les FARC*. Il ne leur reste alors qu'un minimum vital. Contrairement à une idée répandue, ce trafic de drogues et de criminalité entrave le développement social et économique beaucoup plus qu'il ne le dynamise.

En outre, la culture de la coca entraîne des répercussions dramatiques sur l'environnement. Selon une exigence des États-Unis, les plans de coca doivent être brûlés par fumigation aérienne. Des milliers d'hectares de terre sont donc partis en fumée au cours des dernières années, provoquant la mort lente de la forêt. Aussi, beaucoup de paysans souhaitent revenir à une économie légale à condition qu'on les aide à s'y lancer et qu'on leur garantisse les revenus de leur travail.

Des abeilles pour prendre la terre aux plans de coca

Multipliant les programmes de développement alternatif et de protection des forêts, l'ONUDC, le Bureau de lutte contre la Drogue et les Crimes de l'ONU, a mis en place un programme pour cinquante familles gardes-forestières de la région de Cordoba. L'objectif ? Leur permettre une réinsertion professionnelle et sociale en leur offrant la possibilité de cultiver le miel à la place de la coca.

Concrètement, chaque famille reçoit vingt ruches et un apprentissage apicole théorique et pratique personnalisé par l'Action Sociale du gouvernement Colombien et des spécialistes de l'ONUDC. Le programme s'inscrit sur une année. La production, sans aucun produit agrochimique, est ensuite assurée grâce à une sélection rigoureuse des abeilles reines. La commercialisation, le marketing, l'emballage, l'administration basique et la certification qualité du produit reviendront à la coopérative de paysans Redecolsierra qui travaille déjà sur un important projet d'apiculture dans le pays. Pour boucler le projet, le circuit de distribution en magasin est déjà garanti grâce à un partenariat avec Carrefour Colombie. Les paysans sont ainsi assurés de leurs gains.

* FARC : Forces Armées Révolutionnaires de Colombie.