Contre le choléra, de l'urgence à la réhabilitation des infrastructures

Début 2009, la terrible épidémie de choléra ravage pendant plusieurs mois le Zimbabwe touchant plus de 100 000 personnes et provoquant près de 4 300 morts. Dans certaines régions, le taux de mortalité dépasse les 25 %. Le choléra est une maladie d'origine hydrique, il est donc nécessaire de réhabiliter les infrastructures en eau afin de diminuer le risque de propagation de l'infection.

La réponse à l'urgence

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sollicitent alors plusieurs de ses sociétés nationales, dont la Croix-Rouge française, qui demande un soutien à la fondation Veolia. Les volontaires Veoliaforce envoyés sur place ont pour mission d'encadrer une équipe de réponse aux urgences, spécialisée dans l'approvisionnement et le traitement de l'eau. A cet effet, dix tonnes de matériel d'urgence et deux unités mobiles de traitement d'eau de type « Aquaforce » de la fondation Veolia arrivent à Harare, la capitale.

Après avoir évalué les besoins et identifié les zones les plus pertinentes pour déployer le matériel, l'équipe installe une première unité d'urgence près d'Harare, où elle approvisionne en eau potable 10 000 personnes du quartier de Chikurubie. Une deuxième équipe prend le relais et met en place la seconde unité mobile dans la ville de Chitungwiza, pour alimenter les points névralgiques tels que le centre de santé. Les experts de Veoliaforce assurent en outre la formation de la Croix-Rouge zimbabwéenne. Il revient en effet à celle-ci de faire fonctionner les unités de traitement et de mobiliser aussi des équipes en zone rurale afin de sensibiliser la population à l'hygiène.

Une action sur le long terme

Contre le choléra, de l'urgence à la réhabilitation des infrastructures 9222,raw,Zimbabwe-236.jpg

Tomas Arlemo, Zimbabwe 2009

Après ces interventions d'urgence, il faut agir dans la durée en améliorant l'accès à l'eau et le traitement des eaux usées dans les principales villes du pays afin d'éviter la propagation de cette maladie hydrique.

En 2009, les volontaires Veoliaforce effectuent des missions d'évaluation technique sur les usines de production d'eau potable dans 7 villes réparties autour de la capitale et dans l'est du pays. Ces étapes d'évaluation sont essentielles préalablement à la réhabilitation des installations. Avec l'Unicef, les volontaires se rendent dans les usines de Kwekwe (200 000 habitants), Mutare (300 000 habitants), Marendara (90 000 habitants) et Bindura (100 000 habitants) et proposent des plans d'action pour la sécurisation de l'accès à l'eau.

Avec la Croix-Rouge française, début 2010, trois usines sont retenues pour être réhabilitées: celles de Chitungwiza (620 000 habitants), Chegutu (47 000 habitants) et Kadoma (79 000 habitants). Pour chacune d'entre elles, les volontaires appliquent le même processus: tout d'abord une évaluation des conditions actuelles des usines de traitement et la hiérarchisation des actions à mener pour la réhabilitation de celle-ci, permettant d'identifier le matériel à remplacer; une fois les nouveaux équipements mis en place, les volontaires accompagnent, pour chaque usine, la Croix-Rouge française pour une mission de vérification et de réglage du système; enfin, la mise en route de l'usine est effectuée parallèlement à la formation du personnel sur le terrain. En dernier lieu, les volontaires valident le bon fonctionnement de l'usine.

L'usine de Chitungwiza, réhabilitée au printemps 2010, a démontré l'efficacité des missions et du travail conjointement menés par la Croix-Rouge française et la fondation Veolia. Le succès de cette intervention a convaincu ECHO (European Commission Humanitarian Office) de financer, à hauteur de deux millions d'euros, la réhabilitation de plusieurs usines au Zimbabwe afin de soutenir la lutte contre le choléra. Aujourd'hui réhabilitées, les usines des villes de Chitungwiza, Chegutu et Kadoma alimentent près de 750 000 personnes en eau potable.

Début 2011, la fondation Veolia a entamé avec la Croix-Rouge française la dernière action de réhabilitation, sur l'usine de traitement d'eau et d'assainissement de Gwanda, ville du sud du pays (15 000 habitants). La mission d'évaluation menée par Veoliaforce a permis à la délégation de la Croix-Rouge française de prioriser les actions à mener pour la réhabilitation de l'usine. Deux autres missions compléteront celle de janvier pour remettre en service cette infrastructure.

Vidéo : reportage d'Arte

Retrouvez le reportage d'Arte sur une mission de lutte contre le choléra au Zimbabwe.



 


 

Décembre 2008 - Mars 2009
  • 2 unités de traitement d'eau (Aquaforce 5 000) déployées à Harare et Chitungwiza
  • 3 volontaires Veoliaforce envoyés sur le terrain
  • 63 jours de mission
A partir de mai 2009

Avec le bureau Unicef au Zimbabwe :

  • Missions d'évaluation technique des infrastructures de production d'eau dans 4 villes : Bindura, Kwekwe, Marendara, Mutare
  • Plus d'1 million d'habitants concernés
  • 3 volontaires Veoliaforce envoyés sur le terrain
  • 75 jours de mission

Avec la Croix-Rouge française :

  • Missions d'évaluations techniques et réhabilitation de 4 usines d'eau à Chegudu, Chitungwiza, Kadoma et Gwanda
  • Près de 50 opérateurs remis à niveau
  • 6 volontaires Veoliaforce envoyés sur le terrain
  • 96 jours de mission
  • Réponse d'urgence
    Décembre 2008 - Mars 2009
    • 2 unités de traitement d'eau (Aquaforce 5 000) déployées à Harare et Chitungwiza
    • 3 volontaires Veoliaforce envoyés sur le terrain
    • 63 jours de mission
  • Réponse de développement
    A partir de mai 2009

    Avec le bureau Unicef au Zimbabwe :

    • Missions d'évaluation technique des infrastructures de production d'eau dans 4 villes : Bindura, Kwekwe, Marendara, Mutare
    • Plus d'1 million d'habitants concernés
    • 3 volontaires Veoliaforce envoyés sur le terrain
    • 75 jours de mission

    Avec la Croix-Rouge française :

    • Missions d'évaluations techniques et réhabilitation de 4 usines d'eau à Chegudu, Chitungwiza, Kadoma et Gwanda
    • Près de 50 opérateurs remis à niveau
    • 6 volontaires Veoliaforce envoyés sur le terrain
    • 96 jours de mission