Aider les enfants migrants de la ville de Ouallam au Niger

Pour prendre en charge les enfants des rues de Ouallam au Niger, des étudiants ingénieurs créent une structure d’appui éducatif et psycho-social.

Maimouna Idrissa, SEEN Niger :
« Beaucoup de jeunes désœuvrés traînent dans les rues et finissent dans la délinquance (abus de drogue, d’alcool, vol, etc.). Il s’agit malheureusement d’une triste réalité, présente dans tout le Niger. Nous avons d’ailleurs constaté que c’est au niveau de ces couches que la secte Boko Haram fait des recrutements. Ce projet permettra de donner une chance aux jeunes de la ville de Ouallam de s’insérer socialement et professionnellement, et, ainsi, de reprendre leur vie en main. »


Ils font partie de l’Association des Enfants et Jeunes Travaillers de Ouallam, créée en 2001 et qui a pour mission la protection et le bien-être de l’enfant et de sa communauté. Elle est l’antenne au Niger du Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT), qui fédère 362 associations dans 27 pays. Chaque antenne de la MAEJT a pour objectif de développer l’accès à l’éducation par de multiples actions en faveur des droits des enfants (alphabétisation, animation et de loisirs destinés aux enfants, appui des enfants en mobilité…).

Proposer des solutions face à une situation géopolitique et humanitaire alarmante…
Le Niger accueille actuellement quelque 37 000 réfugiés maliens. La ville d’Ouallam, située à 90 km au nord de Niamey, dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), est le refuge de nombreux enfants de migrants. Désœuvrés, sans repère ni accompagnement, ces enfants livrés à eux-mêmes sont vulnérables, et sont souvent approchés par des mouvements tels que Boko Haram.

L’objectif principal du projet est d’aller à la rencontre de ces enfants et jeunes vulnérables de 6 à 17 ans et de les orienter vers une structure d’accueil. Pendant 6 mois, l’AEJT/O va mener des activités psychosociales et éducatives avec ces enfants. Certains enfants bénéficieront de cours d’alphabétisation en vue d’une réinsertion dans le système scolaire, tandis que d’autres se verront proposer des formations professionnelles d’apprentissage d’un métier, avec cinq filières au choix : la mécanique rurale, la plomberie, la sérigraphie, la couture et le tricot, et la fabrication de savon liquide et solide.

...en travaillant conjointement avec les partenaires locaux
L’association est composée d’étudiants nigériens qui connaissent le contexte de la ville d’Ouallam et ont monté ce projet afin de répondre à la problématique très actuelle de l’afflux des enfants de réfugiés. Ils lancent ce projet en s’appuyant sur des partenaires locaux : L’AEJT/O travaille en collaboration étroite avec la Direction Départementale de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection d’Ouallam, service de l’Etat en charge de la protection de l’enfant dans le département d’Ouallam. L’association bénéficie également de l’appui technique du Service Educatif, Judiciaire et Préventif d’Ouallam, qui prend en charge les enfants défavorisés du département d’Ouallam. Par ailleurs, l’Association des Jeunes Scout Mali Bero Ouallam participe au projet sur le volet animation et activités socio-éducatives avec les enfants.

Le jury du Prix de la Solidarité Etudiante, particulièrement sensible à l’engagement et aux synergies mises en place par les étudiants avec les partenaires locaux de Ouallam, récompense ce projet en lui attribuant le 1er Prix de l'édition 2015.

Maimouna Idrissa, Responsable Communication de la SEEN (Société d’Exploitation des Eaux du Niger), filiale nigérienne de Veolia et marraine du projet, elle-même présente sur le terrain, va accompagner les étudiants dans la mise en place de leur projet.

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L'actualité du projet :
40 enfants pris en charge par l’Association des Enfants et Jeunes Travailleurs d'Ouallam (Niger).