Officialiser et approfondir les savoir-faire ancestraux

Pour aider les jeunes Tziganes à se prévaloir de connaissances acquises de "pères en fils", la Fnasat a entrepris une grande campagne d'accès à de multiples enseignements professionnels dans les principaux pays où vivent d'importantes communautés roms. Le meilleur moyen pour leur assurer un avenir.

« Le projet Kesaj Tchave est vraiment une initiative qui va permettre de sortir les enfants de Kesaj du ghetto. »

Jozef Legény

Fédération nationale regroupant les associations qui agissent dans le domaine de la solidarité avec les Tziganes, les Roms et les Gens du Voyage, la Fnasat a entrepris en Bulgarie, en Roumanie, en Slovaquie et en France des actions concernant l'éducation des jeunes.

L'un des écueils qui empêche une intégration harmonieuse des jeunes Roms dans les pays où ils s'établissent - même de façon temporaire - est en effet leur manque de formation. En Bulgarie par exemple, seuls 15 % des enfants Roms poursuivent un cursus d'études secondaires et ils ne sont que 10 % en Roumanie. Dans la majorité des familles, les connaissances métier se transmettent dans le cadre familial - un savoir-faire "informel" qui n'est pas reconnu par les différents systèmes d'éducation nationale, pas plus que par des employeurs potentiels. La Fnasat développe donc le programme "Roms et Voyageurs" pour renforcer cet apprentissage informel et lui conférer une reconnaissance officielle.

Ébénistes et musiciens

Parmi les multiples actions soutenues par la Fnasat dans ce cadre, la fondation Veolia a été sollicitée pour apporter son aide à deux initiatives.

À Sofia, en Bulgarie, 150 personnes de la communauté Rom du quartier de Faculteta - où le taux de chômage se situe entre 70 et 80 % ! - vont bénéficier d'une formation aux métiers du bois. Ébénisterie, menuiserie, ameublement : les jeunes adultes concernés pourront peaufiner les savoir déjà acquis et recevoir une formation professionnelle de bon niveau. Dès leur formation, ils seront sollicités pour mettre en pratique leurs nouvelles connaissances au profit des équipements des écoles du quartier.

En Slovaquie, dans la ville de Lomnicka où la fondation Veolia soutient une première initiative, l'association Kesaj Tchave a commencé à aider les 15-24 ans déjà familiers avec un instrument de musique à approfondir leur art afin de devenir musiciens professionnels. Pris en charge par des professeurs chevronnés qui leur enseignent la musique tzigane, les jeunes sont rapidement invités à se produire devant un public et peuvent ensuite préparer le concours d'entrée au conservatoire de la ville de Kezmarok. Deux d'entre eux ont déjà passé avec succès ce concours.

Petit à petit, ce sont donc des "promotions" de jeunes Tziganes qui vont commencer à pouvoir revendiquer à leur tour une place à part entière dans les sociétés de leurs pays d'accueil.