Liste rouge : après les animaux et les plantes, les écosystèmes

L'UICN réalise la « Liste rouge des écosystèmes » sur la base d'une méthodologie reconnue au niveau international. Un outil qui vient compléter logiquement le travail réalisé sur la faune et la flore menacées.

« Ce travail est utile à de nombreux acteurs (communauté scientifique, décideurs, etc.) et nous nous sommes engagés, au travers de notre stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), à nous mobiliser autour de nos parties prenantes engagées sur ces problématiques. Le comité français de l'UICN est notre partenaire associatif privilégié concernant toutes les questions sur la biodiversité et il nous accompagne dans nos projets au sein du groupe. »
Michel Mori

Le Comité français de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la Nature) constitue une plate-forme unique de dialogue et d'expertise sur les enjeux de la biodiversité. Il regroupe plus de 50 organismes (ministères, agences publiques, organisations non gouvernementales...) et plus de 250 experts. La mission du Comité français de l'UICN est de contribuer à la conservation de la biodiversité et à l'utilisation durable et équitable des ressources naturelles. Il publie régulièrement une « Liste rouge » des espèces terrestres et marines menacées, une démarche soutenue par la fondation Veolia depuis 2011.

Une nomenclature élaborée au niveau international

La biodiversité de notre planète s’érode sous l’effet du développement rapide et non durable des activités humaines. Avec le changement climatique et les risques accrus de catastrophes naturelles, il est apparu nécessaire pour de nombreux experts de mener une réflexion sur la conservation des écosystèmes. En 2014, l'UICN a élaboré un outil permettant d'évaluer les différents écosystèmes dans le monde. Cette nomenclature doit permettre d'établir une « Liste rouge des écosystèmes », complémentaire à la « Liste rouge des espèces menacées ».
 
Cette norme d'évaluation des écosystèmes est applicable au niveau local, régional, national et mondial. Elle permet de savoir si un écosystème est vulnérable, menacé ou en train de disparaître. Elle introduit pour cela le concept d'effondrement d'un écosystème, analogue à celui d’extinction d'une espèce, et identifie des critères et des seuils quantitatifs pour évaluer le risque de cet effondrement.

Un outil au service de la conservation des écosystèmes

L'objectif de cette « Liste rouge » est de classer et de dresser la liste des écosystèmes de la planète et de documenter leur état. Au-delà, il s'agit de mettre en exergue les écosystèmes menacés, mais aussi les bonnes pratiques de conservation. Cette liste pourra donc être un outil au service de la conservation des écosystèmes, mais aussi de l'aménagement des territoires.

UICN-Maguelone

La méthodologie de la « Liste rouge » des écosystèmes a été développée par l'UICN avec les membres de sa Commission de gestion des écosystèmes (environ 800 experts) et l'appui de sa Commission de sauvegarde des espèces. Elle a fait l'objet d'une publication scientifique parue dans une revue de référence au niveau international, PLOS One, cosignée par 34 scientifiques du réseau de l'UICN dont une Française, Brigitte Poulin (chef du département écosystème de la Tour du Valat).

Un projet ambitieux pour les écosystèmes de France

La méthodologie a été testée sur des zones humides et des forêts en France avant d’être déployée sur d'autres types d'habitats naturels. La « Liste rouge des écosystèmes » en France est réalisée par chapitres thématiques trois ans afin de couvrir à terme les différents types d'habitats naturels présents en métropole et en outremer.
 
Son élaboration s'effectue en partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle et en concertation avec l'ensemble des établissements et organisations de référence sur les écosystèmes et la biodiversité en France.

Les travaux menés par l’UICN pour évaluer l’état des écosystèmes ces 10 dernières années a contribué directement à approfondir l’état des connaissances des milieux et indirectement à mieux définir les aires protégées au niveau mondial (aires protégées de I à VI). Ces analyses nous aident à faire avancer nos réflexions et celles de nos parties prenantes (clients, associations, etc.) dans notre manière de repenser nos métiers.
Coline Jacobs

Il s'agit à la fois de fournir :

  • Un outil d'aide à la décision pour les décideurs et les gestionnaires de l'environnement pour définir des priorités d'action de conservation des écosystèmes ;
  • Un inventaire de la vulnérabilité des écosystèmes et des menaces auxquelles ils sont soumis ;
  • Un cadre de référence permettant de compiler les données et les connaissances pour surveiller et suivre l'évolution de l'état de la biodiversité à l'échelle des écosystèmes ;
  • Des informations pour la sensibilisation de l'opinion publique sur l'importance de la diversité biologique et la fragilité des écosystèmes
Sont en cours d'évaluation, avec le soutien de la fondation Veolia, les habitats forestiers, littoraux méditerranéens de France métropolitaine. Celle des mangroves de Mayotte a été publiée en 2017. Suivra l’étude des écosystèmes de milieux ouverts méditerranéens de France.
 
Chaque chapitre consiste à élaborer et à publier, toujours avec le soutien de la fondation Veolia, un document technique d’évaluation puis à rédiger un document de synthèse à destination des décideurs associé à un communiqué de presse pour communiquer les résultats des évaluations. L’UICN France s’est
également engagé dans l’élaboration et la publication d'une note synthétique de présentation de la Liste rouge des écosystèmes (méthodologie d'évaluation et intégration des résultats dans les stratégies de conservation) et d'un guide méthodologique pour faciliter l'utilisation de la méthodologie à une échelle infranationale.
En savoir plus sur l'autre projet de l'UICN soutenu par la Fondation :
la Liste rouge des espèces terrestres et marine menacées en France.