Vous êtes porteur d'un projet susceptible de répondre à la mission et aux priorités de la Fondation Veolia Environnement ?
« Jusqu'alors, je n'étais parti à l'étranger que pour aller en Espagne, vous imaginez le bouleversement ! »
Jean-Marc Loubet est conducteur de station à l'agence du Grand Toulouse. Aux côtés de l'association Les Enfants du Ndé, il accompagne depuis 2006 un projet d'adduction d'eau potable à Bangoua, au Cameroun. Son engouement pour les projets de développement l'a conduit à partir plusieurs fois en mission sur le terrain.
Quelle est la situation à Bangoua ?
La partie technique est, pour l'essentiel, achevée. Forages, stations de traitement des eaux, bornes fontaines, branchements... Le réseau fonctionne mais les rendements ne sont pas très bons. Non pas qu'il y ait des fuites mais on soupçonne de très nombreux branchements sauvages. Mon objectif lors de cette mission était donc principalement de mettre en place un suivi local pour sensibiliser les populations : on veut faire passer le message qu'il y va de l'intérêt de tous de ne pas se brancher clandestinement sur le réseau.
Vous avez donc trouvé des relais sur place pour mener cette campagne de sensibilisation ?
Oui, Era Cameroun, une ONG locale, déjà engagée dans d'autres projets de développement au Cameroun. Elle est chargée de suivre l'organisation du travail du comité de gestion.
Le comité de gestion... ?
Il réunit le chef supérieur du village, les personnels techniques, de gestion, etc. Il préfigure une organisation locale de service des eaux. D'autant qu'à terme, on pourrait envisager d'accroître les volumes d'eau. Auparavant, le village était alimenté par trois châteaux d'eau et huit forages ; aujourd'hui, il n'y a plus que deux forages. Mais on augmentera les volumes que lorsqu'on aura gagné en rendement.
Envisagez-vous de repartir ?
Je suis toujours partant ! Mais le départ d'un volontaire reste un investissement important pour le Groupe. Sans compter les collègues qui prennent en charge mon travail quand je ne suis pas là. J'en profite d'ailleurs pour les remercier ainsi que toute ma hiérarchie qui me permet de vivre des moments très riches en expériences humaines.
Comment êtes-vous devenu volontaire de la Fondation Veolia ?
La première fois que j'ai entendu parler de Veoliaforce (depuis intégrée à la Fondation Veolia, ndlr), c'était après le génocide au Rwanda. On en discutait entre collègues, en se demandant tout simplement comment on pouvait aider, d'une manière ou d'une autre. Mais à l'époque, le Rwanda faisait peur et mon épouse n'était pas favorable à un tel départ. Je n'ai donc adressé mon CV à la Fondation qu'en janvier 2005, après le Tsunami asiatique. Six mois plus tard, j'étais envoyé sous l'égide de la Croix-Rouge sur l'île de Sumatra (Indonésie) pendant 18 jours. Jusqu'alors, je n'étais parti à l'étranger que pour aller en Espagne, vous imaginez le bouleversement ! En 2006, j'ai suivi un stage de formation, notamment une intervention passionnante sur l'Afrique. Cela m'a donné envie d'y partir et de m'orienter davantage vers le développement. J'avais été un peu frustré de ne pas pouvoir suivre ce que nous nous avions fait en Indonésie, mais c'est le propre d'une mission d'urgence !

