Ces insectes rendent un service absolument indispensable à la nature et à l'homme : ce sont des pollinisateurs. Sans eux, de nombreuses espèces végétales ne pourraient se reproduire. Or il se trouve qu'aujourd'hui, entre inquiétudes sincères et manque de données précises, on ne sait pas quantifier l'impact des activités humaines sur les populations de bourdons. En lançant une étude de ce type, il ne s'agit pas "simplement" de protéger la nature parce qu'elle est belle, mais parce qu'elle rend de réels services.
Sabrina Thétis
Chargée de mission "Développement durable" chez Veolia Eau, Sabrina Thétis suit depuis plusieurs mois les travaux d'un doctorant qui mène une thèse dans le cadre d'une collaboration entre Veolia Eau et le Muséum national d'Histoire naturelle.
À partir d'études sur la biodiversité présente sur les sites de l'entreprise, un nouveau projet a vu le jour : évaluer la présence des bourdons.
De quelle manière sont-ils affectés par leur environnement urbain ou rural ?
Un observatoire a été lancé.

Pourquoi lancer un "Observatoire des bourdons" ?
Comment cet observatoire va-t-il fonctionner ?
Fabien Verfaillie, la personne dont Veolia Eau soutient la thèse réalisée avec le Muséum national d'Histoire naturelle, et qui est à l'origine de ce projet spécifique, a conçu une plaquette explicative permettant, après une petite séance de formation, d'être en mesure de reconnaître les différentes espèces de bourdons.
Ayant déjà travaillé sur les données de l'Observatoire des Papillons, il a pu mesurer que le taux d'erreur des observations collectées par des novices volontaires était très faible. Il organise donc régulièrement des séances de formation sur l'identification des bourdons.
Avec l'accompagnement du Groupement Associatif de l'Estuaire (GAE), les premiers tests se font autour de l'estuaire de la Loire et en Ile-de-France.
Pour la région parisienne, nous nous appuyons également sur le personnel de Veolia Eau. Ensuite, le projet sera étendu à toute la France et vers tous les publics.
Connaissant bien Fabien Verfaillie, vous êtes devenue naturellement la marraine du projet : comment allez-vous vous impliquer ?
Et bien à mon grand étonnement, je me suis prise au jeu ! Alors que j'avoue éprouver une certaine phobie des insectes, je passe de plus en plus de temps le week-end, dans les parcs, à regarder les buissons fleuris et à relever le type des bourdons que je vois ! J'y prends beaucoup de plaisir.
Au-delà, je vais accompagner Fabien et son association sur la suite à donner à cet observatoire. Nous réfléchissons au volet éducation et aux outils nécessaires pour dispenser de la formation vers les élèves du primaire, l'idée étant que la sensibilisation à la préservation de la biodiversité doit se faire dès le plus jeune âge. D'autre part, l'observatoire des bourdons s'adressera également aux collectivités locales et leur proposera des inventaires suffisamment rigoureux pour que cela les aide à mieux gérer leur patrimoine vivant.
S'il s'avère que certaines espèces sont en voie de régression, nous pourrons peut-être inverser la tendance en réduisant la pression sur l'environnement (limitation des rejets dans les milieux, modification des modes de gestion des espaces verts, arrêt de l'usage de produits phytosanitaires, etc. ...).
