Améliorer l’accueil des personnes en grande exclusion au cœur du Vaucluse

Pour améliorer l’accueil des personnes en grande difficulté qu’elle organise depuis une quarantaine d’années, la Bergerie de Berdine renforce régulièrement ses infrastructures, situées au cœur du Vaucluse. Après la maison médicalisée ouverte en 2012, l’association se lance dans un nouveau projet : elle souhaite construire un espace de vie durable avec des logements plus confortables et une salle à manger aux normes.

« La Bergerie de Berdine est un lieu à part, installé en plein cœur du Lubéron dans un village abandonné, réhabilité peu à peu par les résidents et les bénévoles. Elle accueille des personnes pour lesquelles elle constitue souvent le dernier recours, reléguées, à la marge de la société du fait de leurs grandes difficultés sociales et économiques et surtout de leurs fragilités physiques et psychiques. Il me semble important de continuer à l’aider à accueillir ceux de ses résidents qui sont le plus vulnérables, qu’ils soient âgés ou malades. C’est la raison pour laquelle je me suis engagé comme parrain pour soutenir leur projet en 2012. Aujourd’hui, je continue à les soutenir. La Bergerie de Berdine doit s’ouvrir sur l’extérieur, étendre et moderniser ses espaces collectifs pour continuer à accompagner ses résidents vers un retour à la vie "normale". Ces personnes se reconstruisent par le travail et c’est le point commun de tous les projets que soutient la Fondation dans le champ de l’accompagnement vers l’emploi et le lien social. »
Franck Haaser

Depuis 1973, la Bergerie de Berdine reste fidèle à sa vocation : proposer un lieu d’accueil sans contrepartie financière ni limite de séjour, aux personnes en grande difficulté et les accompagner vers une réinsertion sociale durable. Plus de 6 000 personnes ont ainsi été accompagnées et hébergées à Berdine depuis sa création.
 
En 1977, l’association s’est installée dans un hameau en ruine d’une quinzaine de maisons sur le plateau de Courennes, à Saint-Martin-de-Castillon dans le Vaucluse. Menée an fil du temps avec l’aide des résidents eux-mêmes, la réhabilitation du site permet, aujourd’hui, d’ouvrir les portes du hameau à plus de 150 personnes par an. Une grande partie du financement de la vie commune provient de la production de plusieurs ateliers : boulangerie, miellerie, fromagerie, forge, bergeries, coupe du bois, menuiserie, tapisserie et rénovation de meubles anciens... Toutes les activités agricoles et alimentaires sont labellisées AB (agriculture biologique). Cette vie économique quasi autonome responsabilise les résidents et leur apporte des savoir-faire complémentaires susceptibles de déboucher, pour certains, sur des emplois stables.

Une maison médicalisée en 2012

La population accueillie mêle des personnes en difficultés ponctuelles, qui profitent d’un séjour sur place pour prendre un nouveau départ, et d’autres, plus âgées ou malades, qui choisissent de finir leurs jours à la Bergerie. En 2012, l’association a décidé de construire une nouvelle structure d’hébergement répondant aux besoins spécifiques de ces résidents atteints de pathologies lourdes, traces de leurs vies passées : VIH, hépatites et cancers. Soutenue par la fondation Veolia, la Bergerie de Berdine s’est engagée dans la création d’une maison de 600 m² comprenant chambres individuelles et lieux de vie. Inauguré en 2012, ce nouveau bâtiment baptisé “Maison d’Aurélie”, répond, comme le reste des installations de la Bergerie, à des exigences strictes de respect de l’environnement. Bioclimatique, il n’utilise qu’un minimum d’énergie pour son fonctionnement grâce aux matériaux de construction employés et aux panneaux solaires installés en toiture pour le chauffage de l’eau chaude.

Un espace de vie projeté en 2015

Trois ans plus tard, l’association fait le constat de la nécessité d’améliorer le cadre de vie des résidents. Les logements préexistants à la Maison d’Aurélie offrent des conditions insatisfaisantes pour les plus âgés : quinze n’ont aucun accès direct à l’eau et huit vivent dans des chambres doubles. L’été, en raison de la température, les repas sont pris à l’extérieur, sur une terrasse inaccessible pour les personnes à mobilité réduite. La mauvaise isolation thermique des locaux entraîne parallèlement des surcoûts en termes de consommation d’énergie.

ARES logo
La collaboration entre Ares et la fondation Veolia date de 2004. Retrouvez l'ensemble des projets soutenus.


La logistique doit également être optimisée : les réserves de nourriture (sèche, chambre froide, congélateurs…) sont dispersées sur le village, entraînant difficultés d’accès, d’usage et de gestion de la chaîne du froid. Le réfectoire actuel est trop exigu pour les 80 à 90 personnes qui y prennent leur repas chaque jour. Il cristallise les tensions au lieu de favoriser l’échange, et ne permet pas d’accueillir des groupes extérieurs (Secours Catholique, Croix-Rouge, Banque Alimentaire, amis et diverses associations…) dans de bonnes conditions. L’amélioration envisagée permettrait également de favoriser la venue des familles et des visiteurs, actuellement limitée pour une association qui se veut pourtant tournée vers l’extérieur.

Le nouvel espace de vie durable comprendra une grande salle à manger, avec sa cuisine équipée, ses réserves, sa laverie et sa terrasse. Elle permettra d’optimiser la gestion et la préparation des repas, et de proposer un espace accueillant et pratique, susceptible de favoriser l’échange entre les résidents de Berdine. Sont également prévus des logements : six studios avec kitchenette, salle de bain et toilettes, dont un accessible aux personnes à mobilité réduite, et trois chambres. Les espaces laissés vacants (chambres doubles, réfectoire, cuisine, réserves) seront réhabilités et transformés pour héberger des activités culturelles. Chaque année, une pièce de théâtre est en effet montée par la troupe de Berdine (Le Dindon de Feydeau en 2015). L’espace de vie en lui-même permettra quant à lui d’accueillir du public lors de représentations, ainsi que des groupes de partenaires dans des conditions plus attractives. Des visites concourant à l’ouverture de Berdine et à l’échange avec les résidents deviendront possibles.
 


Le bâtiment projeté respecte les principes d’éco-construction : matériaux bio-sourcés, réutilisation des pierres issues de la démolition, toitures et terrasses végétalisées, optimisation de l’énergie et préservation des ressources. Le chantier sera réalisé en partenariat avec l’association d’insertion marseillaise Acta Vista, également soutenue par la fondation Veolia.
 
La Fondation fait le choix de soutenir à nouveau la Bergerie de Berdine à l’occasion de ce projet de construction. Aux côtés des fondations Anber, AG2R et Financière de l’Echiquier, de l’association Le Maillon, d’Axa et de la Matmut, elle permet à la Bergerie de Berdine de lancer en mars 2016 la première tranche des travaux.