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Sénégal

L'or vert... pour un développement local dans les zones sahéliennes du Sénégal

Produisant une huile très proche du diesel, le jatropha est considéré par beaucoup d'agronomes comme le futur "or vert". Pour autant, sa culture doit être correctement maîtrisée.

Arbuste à fleurs rouges et à feuillage vert foncé, le jatropha pousse dans les zones semi-arides (certains pays du Sahel, Egypte, Madagascar, Amérique Centrale et du Sud, Inde, Cambodge, Laos, etc.). Ses baies et sa sève sont toxiques : le jatropha n'est comestible ni pour les hommes, ni pour les animaux. Jusqu'à peu, il n'intéressait donc pas grand monde. Mais depuis une vingtaine d'années, des agronomes ont mis en évidence une propriété déjà très recherchée : chauffée, son huile se rapproche des qualités du diesel ! D'aucuns l'appellent déjà l'or vert... Même si ses capacités potentielles demeurent modestes : il faut 8 kilos de fruits pour produire 1,5 litre de bio-carburant.

Néanmoins les arbustes sont robustes et produisent des fruits pendant 50 ans.
Cette culture mérite donc d'être développée, à condition que l'on évalue avec précision ses apports - en termes de gain de productivité et de revenus pour les paysans décidant de la cultiver. Au Sénégal, dans les régions de Louga, Kaffrine et Tambacounda, c'est ce que projette de réaliser la Société d'Approvisionnement, de Production, de Commercialisation et de Conseil Agricole des Ententes des Groupements Associés du Sénégal (SAPCA-EGAS), une coopérative agricole et de services.

200 paysans engagés dans une démarche pionnière

Le jatropha possède en effet une autre qualité inestimable dans les régions du Sénégal touchées par le réchauffement climatique : ses racines luttent contre l'érosion des sols et retiennent l'eau. Mais pas question ici d'encourager les agriculteurs à cultiver du jatropha sans s'être assuré de sa rentabilité et de ses apports bénéfiques pour les populations locales.

SAPCA-EGAS a donc décidé de limiter dans un premier temps cette culture à un projet pilote, sur 200 hectares. 200 familles seront concernées. Elles seront suivies de près par les techniciens de la coopérative. Durant trois ans, il leur faudra en effet apprendre à maîtriser toute la chaine de production de la plante, à extraire l'huile des graines et aussi à tester son utilisation. L'huile de jatropha devrait en effet pouvoir faire fonctionner les moteurs de moulins, forages, groupes électrogènes, etc.
Au-delà, SAPCA-EGAS compte bien vérifier que cette culture apportera des revenus complémentaires intéressants aux exploitations familiales adhérant au projet, tout en leur laissant la capacité de poursuivre des cultures maraîchères.

La Fondation Veolia Environnement s'est engagée à accompagner ce projet durant deux années, pour soutenir le développement rural des régions concernées et l'autonomie des paysans pionniers.

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