Solidarité
Cameroun

Un nouveau programme d'accès à l'eau et l'assainissement dans la commune de Bangangté

Au Cameroun, la majorité des systèmes d'eau potable réalisés dans les années 1980 par l'Etat ne fonctionnent déjà plus, faute de suivi et de compétences pour assurer leur entretien. Avec le soutien des Enfants du Ndé, association parisienne de la diaspora camerounaise, un nouveau programme est lancé dans la province Ouest du pays sur la commune de Bangangté (200 000 habitants répartis en onze villages) pour réhabiliter ces installations, former des techniciens à leur entretien, accompagner les comités de gestion du service de distribution. A terme, l'objectif est de construire une maîtrise d'ouvrage locale en matière d'eau et d'assainissement.

Un projet similaire a déjà été expérimenté et mené à bien à Bangoua, l'un des villages de la commune de Bangangté. En 2006, les Enfants du Ndé ont sollicité la Fondation Veolia Environnement pour être leur partenaire principal sur ce projet, en tant qu'expert technique et cofinanceur.

D'autres bailleurs de la solidarité internationale (Agence de l'eau, syndicat des eaux, communes) se sont aussi mobilisés. Après quatre ans de travail continu, en collaboration avec les autorités locales : quatre châteaux d'eau du village ont été réhabilités et le réseau d'adduction a été rénové ; fin 2009, 150 abonnés consomment en moyenne 15 litres d'eau par jour et par personne. Outre les travaux d'eau potable, un bloc sanitaire (toilettes, douches, lavoirs) a été construit dans un marché accueillant 5000 personnes chaque semaine. Un comité de gestion assure le suivi de l'exploitation et de la distribution de l'eau. Sur le plan sanitaire, les maladies liées à l'eau insalubre ont diminué de 41 %. Ce projet a totalisé 166 jours de missions (diagnostic, travaux, accompagnement, évaluation) et mobilisé six volontaires Veoliaforce.

Construire une maîtrise d'ouvrage locale en matière d'eau et d'assainissement

Forts de ces succès, la Mairie de Bangangté a sollicité la Fondation Veolia Environnement pour reconduire cette opération sur l'ensemble des villages de la commune de Bangangté, qui disposent tous de châteaux d'eau et de réseaux endommagés ou hors service. 150 000 des 200 000 habitants de Bangangté pourraient être approvisionnés par ces installations. Dans chaque village, il s'agit de les remettre en état et veiller à l'accompagnement technique, comptable et financier des comités de gestion. Six adductions d'eau potable seront réhabilitées - soit vingt forages, douze châteaux d'eau et plus de deux cents bornes-fontaines - et quinze blocs sanitaires seront construits. Afin de maintenir la qualité de l'eau distribuée, des analyses seront fréquemment réalisées et des études évalueront les risques de pollution des sources. La tarification du service de l'eau sera établie en conformité avec la stratégie nationale. Pour créer un système pérenne de maintenance et d'entretien, des réparateurs locaux seront formés et les structures de gestion renforcées. Par ailleurs, le projet comprend également un volet de sensibilisation de la population locale à l'hygiène et une formation à l'entretien des blocs sanitaires.

Le budget estimé à 1,3 millions d'euros est partagé entre plusieurs partenaires dont l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), la commune de Bangangté, l'Agence de l'Eau Seine Normandie (AESN), le Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne (SIAAP) et la Fondation Veolia Environnement (à hauteur de 350 000 € sur trois ans, dont 50 000 € sont consacrés au mécénat de compétences).

Ce programme a l'ambition d'être exemplaire pour tout le Cameroun : il bénéficie donc actuellement à onze villages parmi les trois cent cinquante autres répartis dans tout le pays qui possèdent des installations semblables abandonnées.
Pour remédier à l'absence de gouvernance, l'objectif est de construire une maîtrise d'ouvrage locale en matière d'eau et d'assainissement par la création d'un cadre de concertation entre tous les comités de gestion, le soutien des services techniques de la commune et la mise en œuvre d'une stratégie « eau et assainissement ».
Le contexte politique est favorable puisque le processus de décentralisation naissant au Cameroun implique davantage les communes dans la gestion et l'assainissement de l'eau.

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